lundi 6 juillet 2015

François Hollande après le non grec

"OXi"

Le peuple grec hier a donné une belle leçon de démocratie et de maturité à l'ensemble de l'Europe en votant massivement non aux propositions de l'eurogroupe.  Et ceci après une semaine d'une incroyable indignité, teintée de mépris dans la presse et les salons feutrés. La honteuse et inadmissible prise de position du président socialiste du parlement européen infantilisant les grecs laissera des traces. Cette suffisance des sachants et le dogme libéral dont ils se font les thuriféraires sont mis en échec. La suite outre Rhin se passe de commentaires avec la même arrogance et brutalité.

La sortie qui a retenu mon attention est celle de la Présidente argentine dans un message de félicitations au peuple grec : "Le peuple grec a dit NON aux conditions impossibles et humiliantes qu'on prétend lui imposer pour la restructuration de sa dette extérieure", a déclaré la présidente. "Nous, les Argentins, nous savons de quoi il retourne. Espérons que l'Europe et ses dirigeants comprendront le message des urnes. On ne peut exiger de personne qu'il signe son propre acte de décès"

Conscient de tout cela Yannis Varoufakis démissionne ce lundi afin de donner plus de chances aux négociations. La caste des mandarins eurocrates au sang bleu à Bruxelles ne supportait pas la présence de celui qui leur portait la contradiction. Les élites sorties de la cuisse de Jupiter en veulent à l'oracle de les avoir trompé alors il leur faut un sacrifice de réparation.
Je suis engagé en politique et j'espère ne jamais ressembler à ces personnes qui ont oublié ce que l'humanisme, l'altruisme veut dire. Je suis donc admiratif de cette décision de se retirer dans l'intérêt de la Grèce et de l'Europe.
"Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté"
Yannis Varoufakis 

Face à cela le seul dirigeant qui peut encore imprimer un leadership utile dans cette crise est le Président français. La France est le deuxième créancier  de la Grèce et a donc son mot à dire. Depuis hier il multiplie les initiatives mais il donne l'impression d'attendre de voir ce que pense Angela Merkel. Il est important qu'il fasse tout pour éviter que la France se retrouve prise dans le piège dans lequel les tenants de la ligne dure outre-Rhin ont mis l'union monétaire. Et ceux qui ont le plus à perdre ce sont les sociaux démocrates qui déjà en Espagne et Grèce sont aux oubliettes. Si François Hollande veut éviter le même sort au Parti Socialiste en France, il est urgent qu'il prenne une initiative ferme et déterminée pour une Europe des peuples, de la démocratie et du progrès social.

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