jeudi 25 juin 2015

UBER et la société numérique

Depuis quelques jours l'actualité est marquée par des manifestations musclées de taxis contre les membres de la communauté UBER. Cette actualité comme le dit un ami il y a peu doit amener à une réflexion plus générale sur la mutation sociétale en cours avec le numérique.

Je travaille auprès d'une centaine de jeunes au quotidien en ZUS et quand je vois à quel point la culture numérique est intégrée par ces web natifs, je suis inquiet de la légèreté avec laquelle ce sujet est traité par l'ensemble de la société en France. Je suis contraint de travailler sur ces questions parce qu'elles bouleversent les postures éducatives dans la rue mais aussi dans les écoles. Se pose notamment la question de perte de légitimité traditionnelle au profit du 2.0. Il fait autorité et en plus il promeut un modèle de société qui associe libéralisme, communautarisme, partage et gratuité.

Je fais partie de cette génération que Jérémy Rifkin nomme "prosumer" qui fait de son idéal l'échange et le partage (coloc, covoit, coopératives ...) et qui ne supporte pas le pouvoir des intermédiaires que le capitalisme impose. Ceux qui connaissent les amap par exemple savent que l'agriculture intensive est une absurdité et que seule la logique de circuit court avec des parcelles de taille raisonnable va permettre à la planète de régler durablement les questions d'alimentation tout autant que la juste rémunération. Le gouvernement a raison de se préoccuper de l'ordre public, par contre il commet une erreur en fermant les yeux sur la lame de fond qu'est la culture numérique

Malheureusement parler du numérique sujet d'"ados" c'est un peu comme parler de petite enfance sujet pour "bonnes femmes".

"La culture se démocratise aux marges des institutions officieuses et officielles. Le droit à la culture se réalise enfin, par effraction technologique, dans les libres supports de la communication. Les technologies de pointe sont à la portée de chacun. Les réseaux mondiaux déroulent leur maillage à l’infini. La connexion du savoir-faire et du faire-savoir s’autonomise. Le vieux clivage entre culture d’élite et culture de masse est frappé d’obsolescence. Le marketing politique et commercial a beau multiplier les récupérations publicitaires, il n’attrape que la queue de la comète."
Mustapha Saha.

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